Jean Salmon Macrin (1490-1557), valet de chambre du Roi, fut aussi un proche du cercle humaniste lyonnais (François Rabelais, Etienne Dolet, Maurice Scève). Couronné en 1535 du titre d’ « Horace français », il composa plusieurs de recueils poétiques dans lesquels il exprime sa foi en Dieu et son plaisir né des petites joies de la vie quotidienne en famille en un style et une métrique nettement inspirés du poète de Venouse.

            Dans cet extrait des Hymnes (1537) adressé à sa femme Gélonis, il chante en strophes alcaïques les joies de l’entente conjugale et de la vie de famille.

 

L. Lotto, portrait d’un couple (1523-1524)

Musée de l’ermitage, Saint Pétersbourg

 

 

 

Vinclis amoris connubialibus

Vxor marito iuncta fideliter,

            Cui rebus in cunctis voluntas

     Vsque eadem est animusque concors,

 

Mallet cruenta quae nece millies

Interfici, quam legitimam stolae

            Foedare matronalis ulla

     Labe tori vetiti pudorem:

 

Si vita Divum munere longior,

Ampla et domi res suppetat affatim,

            Dulcesque risus liberorum

     Obstrepitent patrias ad aures,

 

Quot praebet ipsi gaudia compari !

Quanta hic voluptas nascitur et quies !

            Quam molle curarum levamen

     Siqua minus cecidere laeta !

 

Sic vixit olim, Dardana quam prius

Ad bella laeva pergeret alite

            Vxore ter foelix amanda

     Phyllacides thalamoque casto.